
Les architectes qui dessinent Saint-Barth: un guide en trois signatures
Trois agences locales, une île, une même conversation. Un guide consacré à François Pecard, Bureau Bruneau Ghezzi Architectes et Design Affairs de Johannes Zingerle: les architectes qui dessinent le Saint-Barth contemporain.
Des pavillons vernaculaires de François Pecard aux compositions bioclimatiques de Bruneau Ghezzi et aux signatures contemporaines de Johannes Zingerle, trois agences ont façonné la manière dont Saint-Barth bâtit aujourd'hui. Un guide complet par Hamaka
Saint-Barth a toujours construit avec soin. Les huit miles carrés de roche volcanique, la végétation séchée par le soleil et la côte abrupte de l'île imposent leur propre discipline. Les ouragans passent. Les alizés dessinent chaque toiture. Les couchers de soleil dictent l'emplacement des fenêtres.
Pendant des décennies, le résultat fut un vernaculaire cohérent. De petites maisons modestes de bois et de pierre, orientées au vent, nichées dans les collines. La case traditionnelle, une pièce unique surélevée sur pilotis, coiffée d'un toit en faible pente, posait la grammaire. Un langage qui demandait peu à la terre, et lui rendait davantage qu'il ne lui prenait.
Au cours des quatre dernières décennies, cette grammaire a été réinterprétée, élargie, parfois redessinée. Une nouvelle génération de clients, collectionneurs, fondateurs, propriétaires de résidences secondaires venus de New York, Paris ou São Paulo, a apporté des ambitions plus vastes à l'île. Les architectes capables de répondre à ces ambitions tout en restant à l'écoute du paysage sont devenus les auteurs d'un style Saint-Barth contemporain reconnaissable.
Trois agences locales, en particulier, ont façonné cette conversation. François Pecard, la voix la plus ancienne de l'île, a passé quarante-cinq ans à affiner un langage vernaculaire adapté aux sites naturels. Le Bureau Bruneau Ghezzi Architectes, l'agence la plus influente de la nouvelle génération, travaille sous une philosophie qu'ils nomment "Augmented Nature." Et Design Affairs, dirigée par Johannes Zingerle, formé à Vienne, est devenue la signature contemporaine la plus reconnue par la presse internationale de design, d'Architectural Digest au Wall Street Journal.
Ce guide parcourt leur travail — ce que chaque agence représente, où la découvrir, et ce que toutes trois révèlent ensemble sur la manière dont Saint-Barth pense aujourd'hui le bâti.
François Pécard: le maître du vernaculaire
François Pécard dessine à Saint-Barth depuis quarante-cinq ans. Ce seul fait compte. Une poignée d'architectes seulement sur l'île peuvent revendiquer d'avoir vu Saint-Barth passer du discret avant-poste français à la destination de luxe la plus confidentielle des Caraïbes, et d'avoir bâti tout au long de cette transformation. Son agence, basée à Gustavia, a accompagné cette évolution sans jamais quitter le langage de l'île.
Son architecture, aujourd'hui, semble avoir toujours été là. C'est la discipline qui définit son travail.
Pécard formule lui-même ce principe avec une clarté qui n'a pas pris une ride. Comme l'indique le site officiel de son agence, sa pratique repose sur "la multiplication de petits volumes, implantés sur le site en fonction des éléments naturels, vent, soleil, relief, végétation, qui permet une parfaite intégration au paysage, et autorise une évolution de la construction selon les besoins et les moyens des usagers."
Ce qui pouvait paraître il y a quarante-cinq ans comme une sensibilité régionale se lit aujourd'hui dans un tout autre registre : un credo contemporain. Le retrait du volume unique et dominant. Le refus de niveler une parcelle. L'acceptation qu'une maison puisse grandir dans le temps. Ce sont les questions que tout architecte sérieux travaillant sur des paysages fragiles se pose en 2026, et Pecard se les pose depuis le début des années 1980.
Son portfolio illustre ce principe. La Boutique Hermès de Gustavia, discrète, nichée, ne s'imposant jamais face au port. Le Restaurant L'Isola, la table italienne la plus raffinée de l'île, posé dans une architecture qui laisse le repas occuper le premier plan. Ces projets institutionnels ont ancré sa légitimité comme l'architecte le plus établi de l'île, et continuent de façonner le registre visuel quotidien de Gustavia.
Parmi les villas Hamaka, trois maisons signées Pecard illustrent son approche avec une clarté particulière : la Villa Olive, la Villa Jasmine et la Villa BOM. Chacune est construite autour de la règle des petits volumes connectés plutôt que d'une structure étalée unique. Chacune laisse la végétation à peu près là où elle a été trouvée. Chacune peut, en principe, accueillir un nouveau pavillon dans dix ou vingt ans sans perdre sa logique d'origine.
Ce dernier point est rarement mentionné dans l'architecture de luxe, mais c'est une définition de la retenue qui a remarquablement bien vieilli. Là où de nombreuses villas contemporaines se lisent comme des déclarations finales, scellées et achevées le jour de leur livraison, une maison de Pécard est composée pour vivre avec ses habitants et pour évoluer avec eux. C'est, dans le sens le plus paisible du terme, une architecture durable, écrite bien avant que ce mot n'entre dans le vocabulaire du luxe.
Bureau Bruneau Ghezzi Architectes: Augmented Nature
Si Pécard est la mémoire de l'architecture de Saint-Barth, le Bureau Bruneau Ghezzi en est la voix contemporaine la plus articulée. Fondée par Yannick Bruneau et Jérémie Ghezzi, l'agence a passé plus de dix ans à affiner une position que les fondateurs eux-mêmes nomment Augmented Nature — une formule qui saisit, avec une attention délibérée, la tension au cœur de leur travail.
L'architecture qu'ils dessinent est indéniablement contemporaine dans ses matériaux, ses lignes et ses ambitions. Mais elle est offerte comme une continuation du paysage, et non comme son contrepoint. Comme le rappelle le site de l'agence, leur démarche puise dans "les modes de vie et les cultures locales, réinterprétant les traditions tout en s'adaptant à chaque contexte," une expertise enracinée à Saint-Barthélemy et qui s'étend à l'international.
Le projet le plus discrètement radical de leur portfolio est aussi le plus connu : la Villa Jangali, achevée à la pointe de Petite Anse, en collaboration avec l'architecte brésilien Isay Weinfeld. Le brief était exigeant. Sept mille pieds carrés de programme, sur un site côtier fragile, avec de strictes protections locales.
La réponse fut extraordinaire : enterrer plus de soixante-dix pour cent de la construction. La circulation verticale organise les volumes autour d'un axe unique, tirant parti de l'inertie thermique des masses enterrées pour réduire les besoins en climatisation au minimum. L'entrée est une grotte de pierre menant à un garage souterrain. Le reste de la villa se déploie vers le haut, ne s'ouvrant sur la mer qu'aux moments où les architectes l'ont décidé.
Weinfeld a apporté la signature internationale au projet. Bruneau Ghezzi l'a rendu possible à Saint-Barth, en navigant les codes locaux, en supervisant l'exécution et en adaptant le dessin aux nombreuses contraintes du site. La collaboration est aussi un modèle : vision internationale, intelligence locale, l'une et l'autre indispensables. Notre essai consacré à la Villa Jangali explore le projet plus en détail.
Au-delà de Jangali, la signature de l'agence à Saint-Barth s'est poursuivie. La Villa Maison SullyRose, sur les hauteurs de Colombier, développe le même vocabulaire à une altitude différente. Deux piscines à débordement chauffées, des perspectives panoramiques sur le port de Gustavia, des matériaux nobles, des lignes qui restent épurées et délicatement lumineuses. La Villa June, autre projet récent, complète la trilogie locale.
Ensemble, ces trois maisons, toutes accessibles via Hamaka, forment la plus claire des illustrations de ce que signifie Augmented Nature dans la pratique : l'architecture contemporaine comme un approfondissement du site, et non comme une imposition sur lui. Le vocabulaire est celui de la continuité plutôt que du contraste, de la conversation plutôt que de la déclaration.
Johannes Zingerle / Design Affairs: la voix contemporaine
Si Pecard est mémoire et Bruneau Ghezzi articulation, Johannes Zingerle est exposition. L'architecte formé à Vienne, qui partage sa pratique entre Saint-Barth et Miami, est devenu la signature contemporaine la plus reconnue par la presse internationale de design. Architectural Digest a publié son travail dans ses éditions France, Italia et Middle East. Le Wall Street Journal a couvert sa vente la plus emblématique récente, la Villa Never Say Never à Lurin, listée en novembre 2024 à l'un des plus hauts montants jamais atteints pour une propriété de hauteur sur l'île. Son agence, Design Affairs, a façonné la manière dont Saint-Barth est photographiée pour les audiences design.
L'esthétique Zingerle est identifiable dès le premier cadrage. Lignes droites. Gris doux contre bois naturels chaleureux. Panneaux coulissants qui dissimulent la technologie audiovisuelle, les bars, jusqu'aux tiroirs sans poignée visible. Les villas s'ouvrent à la demande et se referment lorsque la discrétion s'impose. Architectural Digest a décrit son approche, dans un portrait de 2022, comme une étude de la retenue contemporaine appliquée à un climat tropical, et la description reste juste.
La plus récente villa Zingerle entrée dans la collection Hamaka est la Villa Ohana, à Saint-Jean. Mise en avant dans plusieurs éditions d'AD, dont une publication récente d'AD France intitulée "Un domaine paradisiaque sur l'île de Saint-Barth", la maison a été conçue pour des collectionneurs de belles choses. Les intérieurs ont été développés par Alexander Design à Los Angeles. Le résultat est un domaine glamour de deux villas surplombant la baie de Saint-Jean, où la composition spatiale de Zingerle rencontre une palette profondément riche, art-forward, intensément colorée. C'est l'une des maisons les plus photographiées de l'île, et elle est désormais accessible via Hamaka.
Trois autres projets Zingerle figurent au portfolio Hamaka. La Villa Never Say Never, actuellement disponible à la fois en location et à la vente, démontre la maîtrise de l'architecte sur les sites de hauteur — une piscine à débordement orientée vers l'horizon, quatre chambres, des vues amples sur la plage de Gouverneur et sur la piste de l'aéroport en contrebas.
La Villa Palm Beach, sur le sable de l'Anse des Cayes, a été rebâtie sous la direction de Design Affairs sur dix-huit mois. Une rénovation au cours de laquelle la piscine a été allongée de six mètres, les façades en béton ré-habillées d'iroko et de bois IP, et une pergola ajoutée sans perturber les lignes d'origine. Chaque projet se lit comme un chapitre d'une même conversation.
Une quatrième maison, la Villa The Peak, achevée en 2009 en collaboration avec le directeur artistique Wolfgang Ludes, reste hors marché. Le projet est publiquement documenté par les archives de conseil en design de l'Atelier de Yavorsky, avec des photographies de Jean Philippe Piter, un témoignage de son importance précoce dans la formation du vocabulaire Saint-Barth de Zingerle.
D'autres œuvres de Zingerle sur l'île, dont la Villa La Pausa, ne sont pas disponibles à la location mais prolongent l'œuvre qui a fait de Design Affairs l'agence la plus visible à l'international. Chacune porte la même neutralité disciplinée, la même attention patiente à la matérialité, la même intuition que la villa contemporaine la plus ambitieuse des Caraïbes aujourd'hui est celle qui sait demeurer paisible.
Une conversation caribéenne: ce qu'ils partagent, ce qui les distingue
Lus côte à côte, les trois agences révèlent davantage que trois styles. Elles révèlent une conversation commune sur ce que construire à Saint-Barth signifie.
Toutes trois acceptent la même prémisse de départ : l'île n'est pas un site vierge. Elle a des régimes de vent, des lignes de soleil, de la végétation, des pentes, des codes, et des décennies de maisons déjà construites. Bien bâtir, c'est commencer à partir de ce qui est déjà là. Toutes trois refusent le geste facile, le volume dominant, la déclaration visuelle, l'architecture qui existe pour être photographiée d'abord et habitée ensuite. Et toutes trois travaillent dans des matériaux qui vieillissent en conversation avec le climat : pierre, bois, chaux, plâtre.
Là où elles diffèrent, c'est dans la langue qu'elles ont développée à l'intérieur de cette discipline partagée. Pecard parle le vernaculaire, le petit volume multiplié, l'empreinte évolutive, la continuité profonde avec ce que l'île a toujours bâti. Bruneau Ghezzi parle le bioclimatique, la masse enterrée, la nature augmentée, la logique thermique d'une structure contemporaine ancrée dans le sol. Zingerle parle le contemporain raffiné, la longue ligne horizontale, le mécanisme dissimulé, la neutralité disciplinée qui laisse la lumière et la matière faire le travail.
Trois voix, une seule île. Le choix entre elles est rarement un choix abstrait. Il dépend du site, du brief, et de la manière dont un hôte souhaite habiter le lieu. Une famille de collectionneurs venue en février ne cherchera pas le même registre architectural qu'un couple en quête d'une retraite pieds nus fin août. Connaître la différence, c'est aussi connaître Saint-Barth, et c'est le genre de savoir que Hamaka compose paisiblement depuis des années.
Où découvrir leur travail: un guide Hamaka
Le travail de ces trois agences est singulièrement accessible. Plusieurs de leurs maisons les plus accomplies sont disponibles en séjour via Hamaka, et ne sont, dans la plupart des cas, pas annoncées publiquement ailleurs.
L'île de Pécard. Pour découvrir le vernaculaire de François Pecard à l'échelle d'une villa, trois maisons de la collection Hamaka illustrent le principe des petits volumes multipliés : la Villa Olive, la Villa Jasmine et la Villa bOM. Chacune est composée de plusieurs pavillons distincts plutôt que d'un seul volume. Pour les visiteurs qui ne séjourneraient pas dans une maison Pecard, deux projets publics sur l'île offrent une introduction de jour : la Boutique Hermès à Gustavia et la salle du Restaurant L'Isola.
L'île de Bruneau Ghezzi. La signature de l'agence se déploie pleinement dans trois maisons Hamaka : la Villa Jangali à Petite Anse (en collaboration avec Isay Weinfeld), la Villa Maison SullyRose à Colombier, et la Villa June. Pour celles et ceux particulièrement attentifs au langage architectural, la Villa Jangali — avec sa structure largement enterrée, sa logique troglodyte et sa rigueur bioclimatique — est la démonstration la plus complète d'Augmented Nature en construction.
L'île de Zingerle. Le portfolio Design Affairs est le plus international de la collection Hamaka. La Villa Ohana à Saint-Jean, mise en avant dans les éditions France, Italia et Middle East d'Architectural Digest, est la maison la plus photographiée du travail récent de l'agence à Saint-Barth. La Villa Never Say Never à Lurin, actuellement disponible à la fois en location et à la vente, démontre la maîtrise de Zingerle sur les sites de hauteur. La Villa Palm Beach à l'Anse des Cayes révèle son talent pour la rénovation. Un quatrième projet, la Villa The Peak, reste hors marché mais peut être proposé sur demande privée.
Pour les hôtes en préparation d'un séjour, la conciergerie Hamaka peut composer un itinéraire sur mesure incluant visites architecturales, moments privés dans chaque villa et, sur demande, rencontres avec les agences elles-mêmes. L'île, lue à travers son architecture, devient une autre île.
Questions fréquentes
Quels sont les architectes les plus importants qui travaillent à Saint-Barth ?
Trois agences locales ont façonné l'architecture contemporaine de Saint-Barth : François Pécard, qui dessine sur l'île depuis quarante-cinq ans dans un style vernaculaire raffiné ; le Bureau Bruneau Ghezzi Architectes, fondé par Yannick Bruneau et Jérémie Ghezzi, connu pour sa philosophie "Augmented Nature" ; et Design Affairs, dirigée par Johannes Zingerle formé à Vienne, dont le travail contemporain a été publié dans les éditions France, Italia et Middle East d'Architectural Digest.
Qui a dessiné la Villa Jangali à Saint-Barth ?
La Villa Jangali, à la Pointe de Petite Anse à Flamands, a été dessinée par l'architecte brésilien Isay Weinfeld en collaboration avec l'agence locale Bruneau Ghezzi Architectes. Plus de soixante-dix pour cent de la construction est enterrée, tirant parti de l'inertie thermique de la masse environnante, une approche bioclimatique qui définit la signature de l'agence.
Quel est le style architectural d'une villa de luxe typique à Saint-Barth ?
Il n'existe pas de style unique. L'architecture contemporaine de l'île s'est développée selon trois directions principales : un vernaculaire raffiné (petits volumes multipliés intégrés aux sites naturels), une approche bioclimatique contemporaine (structures enterrées, masse thermique, ventilation naturelle) et une sensibilité moderniste raffinée (longues lignes horizontales, technologie dissimulée, palettes neutres). Ce qui les unit, c'est une discipline d'intégration : l'architecture commence à partir du site plutôt que de s'imposer à lui.
Puis-je louer une villa dessinée par un architecte à Saint-Barth ?
Oui — et plusieurs des villas d'architecte les plus accomplies de l'île sont accessibles via Hamaka. La collection compte actuellement neuf villas signées par les trois agences locales de référence : trois par François Pécard (Villa Olive, Villa Jasmine, Villa BOM), trois par Bruneau Ghezzi (Villa Jangali, Villa Maison SullyRose, Villa June), et trois par Johannes Zingerle / Design Affairs (Villa Ohana, Villa Never Say Never, Villa Palm Beach).
Où peut-on découvrir le travail de Design Affairs / Johannes Zingerle en dehors d'une villa privée ?
Le travail de Johannes Zingerle a été publié dans Architectural Digest (France, Italia, Middle East), le Wall Street Journal et le portfolio de villas Sibarth. Plusieurs de ses projets achevés sont hors marché ou en propriété privée. Pour les hôtes séjournant chez Hamaka, la conciergerie peut organiser des visites architecturales lorsque c'est approprié, incluant, sur demande, une découverte privée de la Villa The Peak (2009), un projet Design Affairs documenté par l'Atelier de Yavorsky.


